S’informer

Comprendre les violences sexistes et sexuelles (VSS) dans l’ESR

QU’EST-CE QUE LES VIOLENCES SEXISTES ET SEXUELLES (vSS) ?

Nous nous appuyons ici sur la définition proposée par la plateforme genderSafe ↗ , qui regroupe l’ensemble des violences sexistes et sexuelles.

Les violences sexistes et sexuelles recouvrent « tout comportement sexiste, harceleur, violent, injurieux, discriminatoire, humiliant ou méprisant fondé sur le genre ou la sexualité, que ce soit dans les paroles, les actes, les intentions ou les effets. Elles peuvent être ponctuelles ou répétées, commises par une ou plusieurs personnes. Elles peuvent viser une personne ou tout un groupe. »

Pourquoi utilisons-nous le masculin pour parler des agresseurs ?

Nous choisissons de genrer les agresseurs au masculin car les faits nous indiquent que l’écrasante majorité des violences sexistes et sexuelles sont commises par des hommes. Ce choix ne nie pas la possibilité que d’autres personnes puissent être auteurs de violences.

Spécificités des VSS dans l’enseignement supérieur

Contrairement à certains stéréotypes, l’enseignement supérieur et la recherche ne sont pas épargnés par les VSS. La forte hiérarchie, les liens de dépendance, les enjeux de carrière et de validation académique, ou encore la précarité et le manque d’information sur les procédures rendent ces violences plus faciles à exercer et plus difficiles à dénoncer. Ces violences sont décuplées pour les personnes racisées et/ou qui se situent hors des normes de genre.

La relation d’encadrement

La relation de dépendance avec son ou sa directeur·rice de recherche, dans le cadre du master ou du doctorat, est particulièrement propice au harcèlement sexuel et aux agressions. La nécessité de l’accord du directeur pour de nombreuses démarches et activités (formulaires administratifs, demande de financement et soutenance) met les doctorant·es et masterant·es en position vulnérable.

La vie étudiante

Les spécificités de la vie étudiante cohabitation en résidence étudiante, soirées ou week-ends « d’intégration »  constituent autant de situations qui peuvent générer toutes formes de VSS.

Personnels titulaires et non titulaires

L’entre-soi, les effets de réputation, l’évaluation entre pairs et la co-optation rendent la dénonciation des VSS difficile pour les victimes. Ces violences peuvent se cumuler à d’autres formes de discriminations, comme celles liées à la grossesse.

Malgré cela, l’ESR bénéficie d’une image progressiste, qui contribue à nier la réalité des violences et à maintenir le silence.

Les VSS dans le droit pénal

Que dit la loi ?

Certaines violences sexistes et sexuelles sont définies comme des infractions dans le Code pénal. Elles peuvent donner lieu à une plainte et à des poursuites judiciaires.

À savoir : Une infraction peut être poursuivie même sans témoin ou preuve matérielle directe.

Le dépôt de plainte peut se faire à tout moment, mais le délai de prescription varie selon l’infraction. Les faits peuvent être anciennement prescrits au pénal mais encore sanctionnables au disciplinaire.

Besoin d’aide pour comprendre ou engager une procédure ? Contactez-nous ↗

Les VSS dans le droit de L’ESR

Une réglementation spécifique dans les établissements

Dans les établissements d’enseignement supérieur et de recherche (ESR), les VSS peuvent faire l’objet de procédures disciplinaires, distinctes du droit pénal. 

Chaque établissement est responsable de la sécurité et du respect des droits des étudiant·es, doctorant·es, enseignant·es et personnels. Il est obligé d’agir dès qu’il est informé de faits de harcèlement sexuel ou d’agressions, peu importe le lieu, même hors des locaux (stages, conférences, soirées…)
procédures disciplinaires

Les procédures disciplinaires varient selon le statut de l’agresseur (étudiant·e, enseignant·e, personnel…) et le type d’établissement (public ou privé).

  • Dans les établissements publics, les procédures disciplinaires sont définies par le code de l’éducation et le code général de la fonction publique. Elles visent à sanctionner « tout fait de nature à porter atteinte à l’ordre, au bon fonctionnement ou à la réputation de l’université » (Code de l’éducation, article R.811-11), sans qualifier pénalement les faits. Il n’est donc pas nécessaire de porter plainte pour qu’une procédure disciplinaire soit ouverte. Les procédures disciplinaires sont plus rapides que les procédures pénales et correspondent en général mieux aux attentes des victimes. Tant que les faits n’ont pas été rapportés à ladministration, il n’y a pas de délai de prescription, ce qui permet d’agir des années après les faits.

A la suite d’un signalement, la présidence de l’établissement peut décider de lancer une procédure disciplinaire. Le cas échéant, une section disciplinaire est formée et deux de ses membres sont chargés d’instruire une enquête. Après cette enquête, la section disciplinaire juge le mis en cause (l’agresseur). Les sanctions peuvent aller du blâme à la radiation. Il est possible de faire appel de cette décision auprès du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (CNESER) disciplinaire.

Les procédures sont souvent opaques. Les victimes, considérées comme témoins dans la procédure, n’ont pas accès au dossier, ne sont pas informées de l’avancée des démarches et ne peuvent faire appel que via le/la chef·fe d’établissement ou le/la recteur·rice.

  • Dans les établissements privés, des procédures disciplinaires sont également possibles. Elles sont définies par le règlement intérieur et peuvent mener aux sanctions suivantes : avertissement, mutation, voire licenciement. Pour se défendre, les victimes peuvent s’appuyer sur le règlement, saisir le conseil de discipline et le Comité Social et Économique, ou mobiliser les syndicats.

    En théorie, chaque établissement doit désigner une personne référente pour le harcèlement. En pratique, le déploiement de ces dispositifs reste inégal.

    LES AUTRES Démarches

    Un établissement peut mettre en place des mesures immédiates afin de protéger la victime, indépendamment d’une plainte ou d’une procédure disciplinaire. Voici des exemples d’actions possibles : 

     

    • Orientation vers la mission égalité femmes-hommes et/ou vers la cellule de veille et d’écoute. En théorie, chaque établissement doit désigner une personne référente pour la gestion des VSS. En pratique, le déploiement de ces dispositifs reste inégal.
    • Prise en compte de la parole de la victime et protection contre les représailles en éloignant l’agresseur de la victime, par exemple par un changement d’encadrement ou d’affectation.
    • Mise en place d’un accompagnement psychologique ou juridique.

    Pour aller plus loin dans la prévention et la formation des communautés universitaires, le CLASCHES anime des interventions dans les établissements.

    Contacts utiles et associations partenaires

    ressources ESR

    Structures spécialisées dans l’enseignement supérieur et la recherche

    Sexe et consentement

    Cherche à sensibiliser à la lutte contre les VSS et à éduquer au consentement par des conférences lors de rencontres étudiantes ou professionnelles, des campagnes de sensibilisation et la promotion de créations artistiques et d’événements culturels et littéraires autour du consentement.

    ObvSS

    Observatoire étudiant des VSS dans l’ESR

    L’OBVSS mène des enquêtes sur les violences sexuelles et sexistes dans l’enseignement supérieur et organise des événements de sensibilisation à ce sujet.

    Consentis

    Association qui milite pour garantir le consentement et la sécurité dans les lieux festifs, en formant les professionnel·les des milieux festifs et en sensibilisant le public, notamment étudiant. Consentis offre des formations à la lutte contre les violences sexuelles et sexistes en soirées étudiantes et week-ends d’intégration.

    01.45.84.24.24

    associations d’accompagnement

    Écoute, soutien et accompagnement des victimes de VSS

    Antidiscriminations

    Plateforme du Défenseur des droits

    Service gratuit et confidentiel qui propose d’échanger avec des juristes du Défenseur des Droits qui écoutent et orientent les victimes et témoins de discriminations, violences ou propos haineux.

    Disponible par téléphone au 3928 ou par tchat du lundi au vendredi de 9h30 à 19h30 (accessible aux sourd·es et malentendant·es)

    CFCV

    Collectif Féministe Contre le Viol

    Le CFCV gère la permanence téléphonique SOS Femmes Viols Informations.

    0.800.05.95.95

    France Victimes

    Réseau de 130 associations d’aide aux victimes présentes dans tous les départements, qui proposent gratuitement une information sur les droits, une aide psychologique et un accompagnement social aux victimes d’infractions pénales.

    Plateforme d’écoute gratuite : 116 006 (7j/7 de 9h à 19h)

    victimes@116006.fr

    AVFT

    Association européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail

    L’AVFT est une association féministe autonome qui défend les droits au travail et à l’intégrité de la personne.

    01.45.84.24.24 
    (lundi de 14h à 17h, et mardi et vendredi de 9h30 à 12h30).
    Lire ceci avant d’appeler

    contact@avft.org

    FNCIDFF

    Centre National d’information sur les Droits des Femmes et des Familles

    Réseau de centres d’information sur l’accès aux droits pour les femmes, de lutte contre les discriminations sexistes et de promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes.

    01.45.84.24.24

    En Avant Toutes

    Organisation qui travaille principalement avec les femmes, les jeunes et les personnes LGBTQIA+ pour sensibiliser sur les VSS. Gère un site de messagerie instantanée où les victimes peuvent dialoguer avec des professionnel·les.

    Service de messagerie instantanée : www.commentonsaime.fr (du lundi au jeudi de 10h à 00h et vendredi et samedi de 10h à 21h)

    FNSF

    Fédération Nationale Solidarité Femmes

    Fédération de 78 associations féministes dont l’objet est de lutter contre les violences faites aux femmes et qui gère la permanence téléphonique Violences, Femmes, Info.

    39.19

    FDFA

    Femmes pour le dire, Femmes pour agir. 

    Association qui lutte contre les discriminations et les violences que subissent les femmes handicapées anime la plateforme Écoute Violences Femmes Handicapées : 01 40 47 06 06 (lundi de 10h à 13h et de 14h30 à 17h30 et du mardi au jeudi de 10h à 13h).

    SOS Homophobie

    Organisation féministe qui lutte contre l’homophobie et la transphobie.

    Ligne d’écoute téléphonique : 01 48 06 42 41 (du lundi au jeudi de 18h à 22h, vendredi de 18h à 20h, samedi de 14h à 16h, dimanche de 18h à 20h).

    Messagerie instantanée : www.sos-homophobie.org/chatecoute (jeudi de 21h à 22h30, dimanche de 18h à 19h30).

    associations féministes

    Actrices de la mobilisation collective et de la défense des droits face aux VSS

    Femmes solidaires

    Réseau d’associations locales féministes d’éducation populaire

    OUTrans

    Association féministe d’autosupport trans, OUTrans propose des ressources sur les transidentités, ainsi que des rencontres et des groupes de parole pour les personnes trans, mais aussi entre les personnes trans et leurs proches. Cette association propose également des formations et sensibilisation pour les interlocuteurs et interlocutrices potentiel·le·s de personnes trans.

    Fondation des Femmes

    Grâce à ses collectes de dons, la Fondation des Femmes apporte un soutien financier, juridique et matériel à des initiatives associatives en faveur de femmes en situation de précarité ou victimes de violences.

    Planning Familial

    Mouvement féministe et d’éducation populaire, le Planning Familial agit auprès des pouvoirs publics pour faire reconnaître les droits des femmes à la maîtrise de leur fécondité (contraception, avortement) et lutte pour l’élimination de toutes formes de violences et de discriminations.

    Numéro vert anonyme et gratuit : 0 800 08 11 11 (du lundi au samedi de 9h à 20h en métropole, de 5h à 17h dans les Antilles et de 8h à 18h dans l’Océan Indien)

    Messagerie instantanée ici.

    #NousToutes

    #NousToutes est une communauté de groupes féministes qui luttent contre les violences sexuelles et sexistes en organisant des marches, des pétitions, des ateliers, des campagnes de sensibilisation en ligne, etc.

    #NousToutes propose ici une liste de contacts pour les victimes.

    Stop Fisha

    Collectif de lutte contre le cybersexisme, stopfisha traque les auteurs de ces attaques sexistes, les dénonce et pratique une veille sur les réseaux sociaux. Il a publié un livre et mis en place un outil de signalement pour les victimes ou témoin de cyberharcèlement, grooming, slutshaming, dick picks, ou autre cyberviolences.

    Faire un signalement ici.

    CNAÉ

    Coordination nationale d’accompagnement des étudiantes.

    Accompagnement de victimes, mise en place d’un travail de plaidoyer et mise en place de formations pour les premiers cycles.

    Viols femmes informations

    Numéro gratuit en France depuis un poste fixe, accessible du lundi au vendredi, de 10h à 19h. Permanence téléphonique gérée par le Collectif féministe contre le viol qui propose écoute, soutien et informations.

    Violences femmes info

    Numéro gratuit en France accessible 24h/24 et 7j/7.

    Urgences

    Appelez le 17 (Police), 15 (SAMU), le 3114 (Numéro National de Prévention du Suicide) ou contactez SOS Viols Femmes Info au 0 800 05 95 95 (appel anonyme et gratuit).

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