Le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur

Souvent associé‭ ‬à l'univers de l'entreprise,‭ ‬le harcèlement sexuel dans l'enseignement supérieur peut prendre différentes formes.‭ ‬Depuis la loi n°2002-73‭ ‬du‭ ‬17‭ ‬janvier‭ ‬2002,‭ ‬l’article‭ ‬222-33‭ ‬du code pénal n’exige plus que le harcèlement soit la manifestation‭ « d’ordre,‭ ‬de menaces imposant des contraintes ou exerçant des pressions graves‭ »‬,‭ ‬ni qu’il y ait de lien de subordination entre l’auteur et la victime.‭ ‬Le harcèlement peut être le fait de‭ « toute personne‭ »‬,‭ ‬il peut donc s’agir d’un collègue de travail de niveau égal ou subalterne.

La personne qui est en position de pouvoir et d'autorité peut demander ou proposer différentes contreparties à caractère sexuel en échange,‭ ‬par exemple,‭ ‬pour l'étudiant,‭ ‬d'une meilleure note,‭ ‬d'une promotion,‭ ‬d'une lettre de recommandation,‭ ‬d'une publication,‭ ‬d'un financement,‭ ‬etc.‭ ‬Le refus peut entraîner des sanctions importantes‭ (‬exclusion de l'équipe de travail,‭ ‬de l'institution,‭ ‬rupture de contrat,‭ ‬non renouvellement d'un financement,‭ ‬abandon du suivi pédagogique,‭ ‬etc.‭).

Si le harcèlement sexuel n'est pas systématiquement masculin et hétérosexuel,‭ ‬il est le plus souvent le fait d'hommes dont la reconnaissance intellectuelle ne laisse pas soupçonner de telles pratiques dans leur relation avec leurs‭ ‬étudiant‭·‬e‭·‬s.‭ ‬En raison de la dépendance et de la précarité de leur situation au sein de l'enseignement supérieur,‭ ‬les victimes,‭ ‬majoritairement des femmes,‭ ‬ne peuvent se permettre d'accuser officiellement leur agresseur.

Bien souvent les victimes elles-mêmes n'ont pas conscience de subir un harcèlement,‭ ‬les agresseurs ne se pensent pas comme coupables d'un fait répréhensible par la loi et les collègues ne se rendent pas compte de leur complicité tacite.‭ ‬Et ce,‭ ‬en raison du tabou sur le harcèlement sexuel,‭ ‬et de la difficulté‭ ‬à caractériser cette forme de violence.